Aurélie Valognes : le fabuleux parcours d’une jeune auteure auto-éditée

rédigé par Jean-Baptiste, le juillet 13, 2015

Si vous lisez un peu sur Kindle, vous n’avez pas pu passer, ces derniers mois, à côté de « Mémé dans les orties« , le premier roman écrit par Aurélie Valognes. Lancé en auto-édition (en juillet 2014) grâce à la plateforme KDP,  l’e-book s’est vendu en 1 an à plus de 25 000 exemplaires sur Amazon ! Le buzz autour de de ce roman humoristique a été si puissant que depuis le 15 mai 2015, vous pouvez  le lire en version papier aux éditions Michel Lafon.

Aurelie Valognes Interview

Mémé dans les orties est disponible maintenant dans toutes les Fnac, libraires et grandes surfaces. En allant faire vous courses, vu que c’est un blockbuster, vous tomberez forcément dessus ;) Aurélie Valognes a accepté de me raconter dans cette interview son fabuleux parcours d’auteure auto-éditée. Que vous soyez blogueur, auteur auto-édité ou même lecteur de Mémés dans les orties, lisez bien les réponses d’Aurélie, c’est une vraie mine d’or que vous ne trouverez nulle part ailleurs !

Avant de devenir auteure, que faisiez vous ?

 

Jean-Baptiste :

Bonjour Aurélie.  Je suis ravi d’accueillir aujourd’hui sur BlogBuster l’auteure de « Mémé dans les orties », un roman humoristique rempli d’intrigues et de rebondissements que j’ai pris plaisir à lire le mois dernier. J’ai envie de tout savoir sur les coulisses du livre et sur votre fabuleux parcours de jeune auteure.

Que faisiez vous avant de publier votre premier ouvrage à succès “Mémé dans les orties” ? Quel était votre job, vos passions et aviez-vous déjà partager et tester vos écrits sur un blog ou ailleurs auprès d’un large public ?

 

Aurélie :

Bonjour Jean-Baptiste. Je vous remercie pour votre invitation. Très heureuse de pouvoir partager mon expérience de l’auto-édition avec les lecteurs de BlogBuster.fr

Je vais peut-être révéler un scoop, mais j’ai une toute petite expérience dans le monde IT. Quand j’étais en école de commerce, j’ai effectué un apprentissage de 2 ans chez IBM : j’étais responsable de la communication (l’écriture encore et toujours) sur les offres serveurs et PME… Un passé très très lointain ! Et avant d’écrire mon premier roman, je travaillais dans une grande entreprise au service marketing.

Aurélie Valognes au travail

Quels que soient les postes que j’ai occupés, j’ai toujours conservé du temps pour mes passions, que ce soit la lecture, l’écriture, la gastronomie ou le design. J’avais d’ailleurs commencé un blog (design and kids) sur le design mobilier spécialisé pour enfants (blog en anglais), mais je n’ai pas réussi à tenir le rythme de nouveaux articles réguliers qui sont nécessaires pour avoir une bonne visibilité sur Google. Mon compte Pinterest a pris le relais et est toujours actif.

 

design and kids

J’ai eu la chance de pouvoir m’expatrier en Italie, et à ce moment-là, j’ai eu quelques mois pour réfléchir à ce que je voulais faire de nouveau. Le choix s’est porté sur a) écrire un roman  ou b) ouvrir un blog pour partager mon expérience d’expatriation. J’ai finalement opté pour la première option qui me permettait d’aller à mon rythme (échaudée par ma 1ere expérience de blogueuse), d’avoir un produit « fini » qui reste dans le temps et surtout d’apporter quelque chose de différent aux lecteurs (des blogs d’expatriés français en Italie, il y en a beaucoup et ils sont déjà très bien faits).

 

 

Comment est venue l’idée de Mémé dans les orties ?

 

Jean-Baptiste :

Vous êtes jeune, en bonne santé et vous avez l’air malgré tout de bien connaître les préoccupations des personnes âgées.

Avant d’écrire l’histoire, vous avez été Juliette (la fillette intelligente qui préfère fréquenter les personnes âgées) ? Mme Suarez (la concierge qui régente les « anciens » de la résidence) ? ou une simple voisine curieuse et observatrice ?

 

Aurélie :

J’ai la chance d’avoir encore mes grands-parents (et ceux de mon mari), et ils sont très importants dans nos vies. Pour certains, passer le dimanche chez Mémé pour le déjeuner est une corvée, pour moi c’est un plaisir. J’ai l’impression d’entrer dans un monde, un peu parallèle, dans lequel j’ai d’ailleurs un peu vécu lors de mes quelques semaines de congé maternité.

A 32 ans, je rêve secrètement de vivre comme une senior, de prendre ma carte vermeil, de ne me déplacer qu’en bus pour profiter du paysage, de passer mes après-midis avec mes copines autour d’un thé, d’écouter la radio en journée, et d’avoir le droit de me plaindre quand j’ai le genou qui se coince. Je caricature bien sûr, la vie d’une personne âgée ne se résume pas à cela, mais j’essaie en tout cas de faire en sorte que le quotidien d’un auteur se rapproche de cette façon de vivre, un peu épicurienne.

 

 

Si j’ai écrit l’histoire de Ferdinand, ce ronchon solitaire de 83 ans qui cherche par tous les moyens à faire tourner en bourrique ses voisines, c’est d’abord car je me retrouve beaucoup dans ce personnage. Ferdinand est la personne que je serai d’ici 50 ans (seule et aigrie), si je ne fais pas les efforts aujourd’hui pour prendre soin des miens et accepter les changements du monde, notamment technologiques.

Le personnage de Béatrice, grand-mère geek de 93 ans qui va chambouler la vie de Ferdinand, est la mamie que j’aimerais être, celle qui est restée dans le coup, qui veut toujours apprendre et qui reste connectée à ses proches : celle qui skype ses petits-enfants à l’autre bout du monde, qui te poke sur Facebook pour ton anniversaire, lit son journal sur Kindle ou fait des selfies avec son iPad.

Même s’il y a un peu de moi dans la petite Juliette, gamine effrontée d’une dizaine d’années, aujourd’hui je ne suis plus capable de me comporter ainsi, j’ai grandi et je me suis lissée :  elle est la seule à dire ce qu’elle pense à ce vieux grincheux, ce qui permet à Ferdinand, même à plus de 80 ans, de progressivement changer et s’ouvrir au monde.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et d’être publié ?

 

Jean-Baptiste :

Quel a été le moteur de votre projet d’écriture ? Comment avez-vous trouvé le temps et la motivation pour faire avancer votre ouvrage ? Vous avez délibérément choisi de démarrer par l’autoédition ? Pourquoi ? Quels outils, ouvrages, auteurs vous ont aidé ou inspiré ?

 

Aurélie :

Ayant quitté mon travail pour m’installer en Italie, j’avais le temps pour ce projet d’écriture. Il me fallait cependant créer une nouvelle routine de travail pour rester motivée et bien avancer sur ce projet.

 

 

J’ai donc regardé des vidéos sur Youtube pour me guider : une première de Bernard Werber lors d’un atelier d’écriture (et cela m’a donné de la matière pour structurer le contenu du livre), et une seconde d’Anael Verdier qui donnait un cadre précis pour écrire un roman en 100 jours, méthode que j’ai suivi à la lettre.

 

 

Le choix de l’autoédition est venu vraiment très tard. Mon objectif était d’écrire un roman. Puis une fois le livre fini, j’ai eu peur de la réponse négative des maisons d’édition et ai donc cherché un moyen d’obtenir des avis de lecteurs neutres. J’ai alors pensé à l’autoédition, via Amazon KDP. Je n’ai pas vraiment cherché d’informations sur le sujet, ni utilisé d’outils en particulier. Avec Amazon KDP, j’ai juste eu besoin « d’uploader » mon roman sous forme de document Word. C’est tout.

 

Comment avez-vous réussi à vendre plus de 20 000 e-books Mémé dans les orties ?

 

Jean-Baptiste :

Personnellement, j’ai adoré votre livre (voire ma revue de lecture sur Jeanviet.info) et mon beau-père à qui je l’ai transmis après lecture aussi !

Le bouche à oreille a eu je suis sûr un effet multiplicateur sur vos ventes, comment vous y êtes vous pris pour qu’il se propage ? Y a-t-il des pics de ventes que vous pouvez attribuer de manière directe à telle ou telle action de communication ? Si oui quelle est la plus efficace ?

 

Aurélie :

Je reste également surprise de l’incroyable succès du roman sur Amazon: j’espérais en vendre 100, et aujourd’hui Mémé a dépassé les 25 000 ventes. Le roman a réussi à rester en première page du Top 100 d’Amazon ebook pendant des mois, et même prendre la place n°1 devant Trierweiler et Zemmour. Je n’ai rien fait de particulier par rapport aux autres auteurs autoédités pour enclencher le bouche-à-oreille.

J’ai même plutôt trouvé le premier mois de vente très long, avant que cela ne commence à s’accélérer. Ce que j’ai fait est très basique : j’ai autopublié mon roman et en ai informé ma famille et amis via mon compte Facebook personnel. De là, peu d’entre eux ont vraiment acheté le livre (une petite vingtaine) et encore moins ont laissé leur commentaire sur Amazon (6 seulement avant que je commence à voir apparaitre les commentaires d’inconnus).

J’ai commencé à grimper dans le classement grâce à ces premiers avis de proches mais surtout grâce aux avis d’inconnus (aujourd’hui le roman comptabilise 190 avis seulement pour plus de 25 000 ventes, soit moins d’un avis pour 100 lecteurs, assez frustrant). J’ai personnellement observé un pic de ventes une fois entrée dans le top 100 et des pics saisonniers, comme par exemple à Noël quand les Kindle ont été offert comme cadeaux.

 

 
Un conseil : on bénéficie de 2 mois de visibilité en tant que « Nouveautés » sur Amazon, c’est le moment où tout se joue, donc il ne faut pas trop attendre, une fois que l’ebook est publié, pour informer ses proches (certains attendent d’avoir la version papier, mais cela peut prendre des jours, voire des semaines).

 

Auto-édition numérique et édition classique : qu’est-ce qui change ?

 

Jean-Baptiste :

 

Vous êtes passée du statut d’auteure autoéditée à celui d’auteur d’une grande maison d’édition. Votre livre se trouve maintenant dans tous les réseaux de distribution physique. Qu’est-ce qui a changé pour vous ? Avez-vous gardé vos droits numériques ? Quels conseils donneriez vous à un auteur qui veut se lancer ? Autoédition ou édition classique ? ;)

 

Aurélie :

Moi qui avais peur de contacter les éditeurs, ce sont finalement eux qui sont venus vers moi, une fois que le livre a eu son succès en autoédition, et je suis ravie de pouvoir offrir une deuxième jeunesse à Mémé dans les orties grâce à mon éditeur Michel Lafon. Passer de l’autoédition à l’édition traditionnelle m’a tout d’abord permis un accompagnement d’un point de vue littéraire. On est vraiment seul quand on écrit, et grâce à mon éditeur j’ai pu avoir des discussions de fond pour retravailler le texte et offrir une qualité supérieure au roman (un petit lifting en quelque sorte).

 

mémé dans les orties

 

Ensuite, grâce à mon éditeur, le roman se retrouve dans toutes les bonnes librairies, FNAC et grandes surfaces, ce qui était un rêve inavoué pour moi, et ce qui n’est d’ailleurs pas encore possible aujourd’hui via l’autoédition. Enfin, l’éditeur apporte vraiment une expertise en ce qui concerne la négociation de tous les droits annexes : poche, cinéma, droits étrangers, France Loisir, Audio, etc…

 

C’est un monde à part, vraiment nouveau pour moi, et cela fait du bien d’être accompagnée.  En passant à l’édition traditionnelle en librairie, il faut savoir que l’on perd un peu en information (je n’ai plus le statut de mes ventes à la minute, mais cela est dû au marché, non aux éditeurs) et on doit également prendre conscience que toutes les décisions se prennent désormais à deux.

Michel Lafon

Le contrat d’édition avec Michel Lafon est confidentiel et je ne peux donc pas révéler le détail, mais ce que je peux dire est que, concernant les droits numériques, tout est désormais possible : garder 100% de ses droits, n’en garder qu’une partie, céder la totalité. A chacun d’avoir la discussion avec son éditeur : chaque point d’un contrat se négocie.

Mon aventure personnelle a été incroyable et je ne peux que recommander le parcours que je connais au vu du succès de Mémé dans les orties. Donc, de mon expérience pour un premier roman, je n’ai vu que des avantages en commençant par l’autoédition, i.e. avoir l’avis de lecteurs, pouvoir retravailler le texte en live avec leurs commentaires, se faire repérer par des éditeurs traditionnels (au pluriel ☺), pouvoir choisir celui qui répond le mieux à nos attentes, et de pouvoir proposer son roman aux librairies.

Je connais des auteurs qui ont proposé leur roman à certains éditeurs traditionnels, qui ont reçu une réponse négative, qui ont alors décidé de l’autopublier et ont connu un beau succès en autoédition. Ce qui est cocasse est que parfois les éditeurs peuvent changer d’avis, grâce à l’autoédition, en comprenant mieux le potentiel du manuscrit. Il n’y a pas toujours de choix cornélien à faire entre les deux mondes…

Jean-Baptiste :

Un grand merci Aurélie pour tous vos conseils ! Je sens que ça va susciter des vocations chez les blogueurs et blogueuses expatrié(e)s qui me suivent ;)  Si vous avez envie de passer un bon moment cet été pendant votre trajet vers votre lieu de vacances ou pendant que vous bronzez sur les plages, lisez Mémé dans les orties !

 

 

Si vous avez lu « Mémé » et que vous avez adoré, faites comme moi en partageant votre sefliebook sur les réseaux sociaux, en publiant votre avis sur la page Amazon du livre, ainsi qu’un petit article sur votre blog.

 

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Responsable marketing digital chez Orange le jour. Blogueur, Auteur, Entrepreneur la nuit,j'ai plus de 10 ans d'expérience sur Internet en gestion de projets, création d'audience, monétisation.
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